Visa Touriste USA : paie ta mission !

20.06.2018

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En ce lundi soir, retour de week-end, Camille et moi faisons le point sur les nombreux documents que nous avons rassemblés pour notre rendez-vous à l’ambassade des États-Unis, le lendemain à la première heure. L’idée : montrer que nous n’avons pas, mais alors pas du tout, l’intention de nous installer aux USA. Et donc, tous les documents qui peuvent abonder dans ce sens sont plus qu’utiles.

 

Mais pourquoi un visa me direz-vous, alors qu’avec l’ESTA on peut rester 3 mois sans problème ? Eh bien…parce qu’on va y passer 6 mois en tout ! Et que non, il ne suffit pas de mettre un pied au Canada ou au Mexique pour remettre le compteur à zéro (idée reçue qui peut coûter très cher…même si dans les faits en général, ça passe). En tout cas nous, avec une petite fille en bas âge, nous ne voulons prendre aucun risque inutile.

 

 

Alors donc, nous avons rassemblé mille papiers. La preuve d’achat du véhicule, l’itinéraire imprimé (même si sujet à modifications), la preuve qu’on a les fonds pour tenir 1 an et pour acheter les billets de retour, les livrets de famille, les fiches individuelles remplies sur le site, les photos d’identité de moins de 6 mois sur lesquelles on fait bien la gueule, les copies des passeports, etc.

On les check, on les re-check. Quand soudain, le truc part en sucette.

 

Camille – Et les convocations ?

Moi – Quoi les convocations ?

Elle – Ben les convocations quoi !

Moi – euh… elles sont là, non ?

Elle – …

Moi – … je ne les aurais pas imprimées ?

Elle – faut croire que non !

 

Ok, vent de panique. On est lundi soir, il est 22h30, notre imprimante est en carafe et nous n’avons pas les convocations pour le seul et unique rendez-vous du lendemain à l’ambassade que-si-on-le-rate-on-n’a-pas-de-visa-que-ça-flingue-tout-le-projet.

Stupeur, tremblements, cris d’indiens, noms d’oiseaux.

 

J’ai fauté, j’assume.

J’enfile mes baskets (celles qui courent vite), je prends mon badge et mon ordi et, ni une ni deux, je trace au boulot pour imprimer les fameuses convocations. Je sens à cet instant une certaine pression sur mes épaules, conscient que si je n’ai pas ces papiers, c’est mort.

Arrivé aux portes de la société qui m’emploie, le noir. Rien. Je sonne, longuement.

 

Un vigile m’ouvre au quinzième coup de sonnette, endormi. Je lui explique que je ne suis pas un voyou, que je ne veux pas d’argent, que je travaille là, mais que je suis débile car j’ai oublié d’imprimer des docs et… et je constate que la langue française et lui, ça fait 2. Très bien. Dans ce cas, ne tournons pas autour du pot. Je lui parle avec les mains, il me répond avec la tête. C’est un langage universel et nous finissons par nous comprendre.

Je monte 4 à 4 les marches de l’escalier qui mène au 2è étage et m’installe à côté de l’imprimante. J’ouvre l’ordi… j’ouvre le doc… je lance l’impression… et… rien. Rien de rien, putain. Je recommence, les dents serrées, rien. Ah si, un message tout petit dans la file d’attente de l’impression « la connexion a échoué et ne peut aboutir ». Je fais 10 tentatives, j’éteins l’ordi, j’éteins l’imprimante, je rallume le tout, je réessaie… Non.

 

Ok, vent de panique n°2. On est lundi soir, il est 23h30, c’est la meeeeeeeerde !!!! Là, j’envisage les solutions, un rien nerveux. Euh… l’appel à un ami ? Ok, pas bête mais seulement en dernier recours. Sinon quoi ? Réfléchis putain, réfléchis ! Un hôtel ? Ah ouais, c’est bien ça, un hôtel. Ils ont des imprimantes dans les hôtels, non ?

 

Je remballe l’ordi, je descends en trombe, je salue le vigile de la tête, il me répond avec les mains ^^ et j’envisage les hôtels du coin. Fort heureusement, on est à Paris et les hôtels, c’est pas ce qui manque. Et à ma grande surprise, le premier d’entre eux accepte gentiment de m’imprimer mes convocations. Et ce malgré mon air stressé, mon sac à dos de vagabond et l’heure tardive. MERCI MILLE FOIS !

 

C’est donc victorieux que je rentre à la maison. Chérie, ON A TOUT !

On se sent tirés d’affaire. Ouais ? Ben ça ne va pas durer.

 

Mardi matin, 7h.

 

Tiens, bizarrement on n’a pas super bien dormi. Il faut dire qu’on a découvert la veille qu’en fait, si notre visa est refusé, non seulement ça met en péril le projet dans sa conception actuelle mais en plus, nous ne pourrons plus demander l’ESTA. Nous serons obligés de demander un visa touriste b2 pour tout voyage aux States, payant et encore plus difficile à obtenir après un refus. Pression maximale.

 

 

Pour poser l’ambiance, il pleut. On a peu de temps pour nous préparer, nous et la petite, emmener cette dernière chez sa nourrice et filer à l’ambassade des USA près de la Concorde. Heureusement, nous sommes bien rodés et nous arrivons au métro sur place à 9h25. Nous avons rendez-vous à 9h30, ce qui nous laisse une marge de manoeuvre très courte. On espère que le Security Check ne durera pas des plombes ! Arriver en retard n’est certainement pas un atout.

 

On sort du métro et il tombe des cordes. Youpi. Avec un seul parapluie pour deux, on commence à être vraiment mouillés lorsqu’on approche du portail. Là, un flic armé jusqu’aux dents nous engueule parce qu’on ne marche pas du bon côté du trottoir, puis, quelques mètres plus loin, on découvre le poste de sécurité. On fait la queue, sous une pluie battante, bien stressés par l’heure qui tourne à notre désavantage et l’enjeu du rendez-vous.

 

Une fille devant moi ouvre son sac à dos et le pose sur la table face à l’agent de sécurité. Il lui demande s’il y a un ordinateur à l’intérieur. Elle répond que non. À ce moment, un doute m’envahit. Je me revois, la veille, dire à Camille que peut-être il faudrait laisser l’ordi à la maison. Et je la revois elle, me répondant que d’après ce qu’elle a lu sur internet, on peut l’emmener mais pas l’ouvrir. On serre les dents.

Arrive notre tour, j’annonce de suite la couleur : « j’ai un ordinateur ». Le type répond froidement « c’est interdit, pas d’ordinateur ! Essayez de le déposer dans un café et revenez ! »

WHAAATTTT ????????

 

 

Ok, vent de panique numéro 3.

Pékin Express, ça vous parle ? Eh bien là, c’est Pétrin Express !

Ni une ni deux, on se met à courir comme des cons pour essayer de trouver un bar ou un hôtel où déposer notre ordinateur. On demande aux gens, on interpelle les forces de l’ordre. Le parapluie ne sert plus à rien et bien sûr, c’est le déluge. Au premier bar, le type habitué à voir débarquer des imbéciles refoulés de l’ambassade nous lâche qu’un hôtel situé à 5mn dispose d’une consigne. Je pars devant en courant et parviens à trouver l’hôtel « La Sanguine ». 10mn et 7€ plus tard, on repart dans l’autre sens, toujours en courant, toujours plus trempés.

 

Bref, je vous passe les détails de la sécurité et l’accueil chaleureux des vigiles de l’ambassade…car finalement, après une bonne grosse demie heure de retard, nous faisons la queue dans la salle dédiée aux demandes de visas.

Ok, on reprend nos esprits, on se calme.

Ce moment nous permet d’observer comment ça se passe, de voir comment font les autres, de scruter les visages des officiers américains, et de nous préparer psychologiquement au face à face.

 

Le plus à gauche sur les 4 ne parle qu’en anglais et pose mille questions. Les gens qu’il reçoit restent des plombes et semblent tendus. Mais le plus à droite parle en français et semble avenant. Comment ça se passe les guichets aux USA ? Ça va crescendo ? Plus tu es à droite, plus c’est simple, et plus tu vas à gauche, plus tu galères ? Camille répète en boucle « Pourvu qu’on ne tombe pas sur celui de gauche, pourvu qu’on ne tombe pas sur celui de gauche, pourvu… ». Stressés ? Pensez-vous…

 

Le type devant nous est appelé au guichet le plus à droite. Holy shit ! On va se taper celui de gauche ! Mais ce dernier traine tellement en longueur et celui de droite ne traine tellement pas, que notre prédécesseur n’y reste qu’une minute. Et hop, c’est à nous, nous sommes appelés au guichet le plus à droite !

 

Le type nous accueille en français, poliment. Nous sortons notre dossier et essayons de faire relativement bonne figure. Il nous pose deux-trois questions sur le voyage, pourquoi un visa et pas l’ESTA, combien de temps nous comptons rester aux Etats-Unis, quel est notre itinéraire et, sans transition, pose nos passeports dans une bannette. Il nous annonce que nous allons recevoir nos visa dans quelques jours et termine par un chaleureux « bon voyage ! ».

 

Nous, on reste un peu scotchés. Attends…c’est fini ? On a un dossier béton, on a stressé comme des fous et c’est fini ? Mais pose-nous des questions bon sang !!!

Non, clairement, on n’a pas demandé notre reste. Une fois dehors, nous n’avons pu nous empêcher de fêter cette première belle victoire sur les préparatifs.

 

Yeah, America, nous voilà !


 

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Jacacha !

Jacacha comme Janko, Camille, Charlie. Nous sommes un couple et leur petite fille de 2 ans en route pour l'Aventure sur le continent américain.

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