Nashville ou Belleville ?

18.12.2018

Écrit par

 

 

 

L’avantage quand on voyage en camping-car, c’est qu’on peut décider sur un claquement de doigt de changer de destination. Et clairement, cela devrait nous arriver assez souvent dans notre périple. En quittant Louisville et la généreuse nature du Kentucky, nous avons pris la route direction Nashville, Tennessee. Ouais, ça claque comme nom, vous ne trouvez pas ?

« Vous êtes où, là ?

- À Nashville, Tennessee, pourquoi ? »

 

Ah si, ça claque fort !

Plus que Belleville, n’en déplaise à Eddy Mitchell. Bon sauf que quand on a débarqué dans cette ville, il faisait nuit et il nous fallait trouver une place pour dormir. Et quand on arrive tard, difficile de prendre le temps d’apprivoiser ou de « sentir » le lieu. Pourtant là, immédiatement, on a senti que ça n’allait pas le faire du tout...  

 

Le premier Walmart (ces fameuses grandes surfaces sensées tolérer les camping-cars pour une nuit) était bondé, embouteillé jusque sur son parking, bruyant et rempli de homeless, ces pauvres gens n’ayant d’autre choix que de dormir, au mieux dans un camping-car défoncé, au pire dans leur voiture. Nous avons déjà stationné la nuit auprès d’eux et il n’y a jamais eu de soucis. Mais là, nous étions beaucoup trop visibles, trop différents, trop...intéressants. Alors malgré l’heure tardive, nous avons quitté la ville pour trouver un autre Walmart en banlieue.

 

Nous étions la veille d’Halloween et Camille voulait que pour son tout premier « Trick or Treat » aux USA, Charlie puisse en profiter un max. Alors nous avons décidé de nous orienter vers une petite ville bourgeoise, au sud de l’excitée Nashville. C’est tombé sur Franklin.

Et nous n’avons pas été déçus ! Franklin, petit bled tranquille des Etats-Unis, avec sa belle rue commerçante, ses boutiques hors de prix, ses maisons coquettes, ses nombreuses banques, ses grosses berlines et ses habitants certes trumpistes, mais qui mettent cependant un point d’honneur à donner du crédit à l’accueil sudiste. Car oui, au Tennessee ils se considèrent du sud. Et oui, ils sont très accueillants ! Faut juste éviter de parler politique...

 

 

 

Dans cette mignonne petite ville, nous avons pu trouver un spot très calme et sympathique, dans un parc à 500m du centre, où nous avons passé deux nuits seuls au monde. Nous avons déjeuné dans l’un des meilleurs restaurants que nous ayons faits depuis le début du voyage (chez Merridee’s), et Charlie a pu passer une formidable fête d’Halloween.

 

Car pour cette fête païenne, tous les ingrédients étaient réunis. Une ville aisée et donc des maisons délirantes de décorations, des familles entières déguisées et jouant le jeu, des bonbons et chocolats par milliers et même la police et les pompiers en généreux donateurs auprès des enfants. Bon...Charlie a quand même pas mal flippé une fois la nuit tombée. Mais il lui a fallu plusieurs jours pour arrêter d’admirer son seau rempli de sucreries par la suite. Alors c’est que ça valait le coup !

 

C’est donc pleinement satisfaits que nous avons repris la direction de Nashville. Et là, à nouveau, nous avons été très, mais alors très surpris. On ne voit ça qu’aux USA, pays de la démesure. De quoi je parle ? Eh bien c’est très simple. Nashville possède en gros une rue pour les touristes, dont le résumé pourrait être « délire absolu ».

Il s’agit d’une continuité de bars sur 500m dans lesquels toute la journée et jusque tard dans la nuit, des groupes (heureusement assez bons !) jouent du rock ou de la country en live. Chaque bar a son groupe et il n’y a presque que des bars de chaque côté de la route. Et c’est à celui qui jouera le plus fort ! À cela s’ajoutent des bus et chariots à pédales diffusant de la musique à fond et déambulant dans la rue avec à leurs bords, des grappes de gens qui dansent, boivent des pintes de bière et poussent des « yeah ! » pour attirer les regards des passants.

 

 

 

Alors on débarque dans un incroyable vacarme où les trottoirs rivalisent de décibels, d’enseignes lumineuses, de rabatteurs et d’américains bourrés...même en pleine journée. C’est en effet là que les gens des environs viennent enterrer leurs vies de jeunes filles ou de garçons, à grands coups de pichets de bière et autres cocktails. Ici, c’est santiags et chemises à carreaux de rigueur et bien sûr, nous, on fait un peu tâche. Ici, on fait semblant d’adorer Johnny Cash en achetant une babiole à son musée. Car ici en fait, on est là pour lâcher prise et faire la fête. Peut-être que sans Charlie on se serait davantage pris au jeu... mais comme de toutes façons j’avais pas emmené mes santiags...

 

À part ça, Nashville possède un pont piéton qui offre une vue très sympa sur ses façades tout en briques face à la Cumberland River. Et... Voilà. Décevant ? Un peu car le nom de cette ville résonne dans nos têtes depuis toujours. C’est tout de même le berceau du rock et de la country. Alors on en attendait peut-être trop. Malgré tout c’est à faire car il n’y pas de mots pour exprimer ce que c’est que d’arriver dans cette rue avec tous ces bars. Rien que pour voir ça, ça vaut le détour.

 

 

 

5 heures de route plus loin, nous avons rejoint Memphis, Tennessee. Ça claque, non ? Eh bien pas du tout. Par un dimanche pluvieux, nous avons entrepris de visiter la demeure du King, sieur Elvis Presley. Ce n’est pas rien tout de même, Elvis ! Mais à nouveau, nous en attendions peut-être trop ou autre chose. Nous avons vu sa maison, certes. Mais c’est tout. Pas de musique, pas d’histoire autour de son ascension, sa descente aux enfers, etc. juste une suite de pièces à la décoration douteuse, le tout pour la modique somme de 110 $. Aïe. Pour voir plus, il aurait fallu payer BEAUCOUP plus. Alors non.

 

 

 

Le soir venu, nous attendions que Memphis vienne nous donner une dose de plaisir. Mais à nouveau, déception totale. Memphis offre une rue plus petite que celle de Nashville, mais avec le même genre de prestations. Des bars, de la musique forte. La seule différence, c’est qu’à Memphis, il n’y avait personne ! Pas un chat ! Et pas un seul groupe en live. Que de la musique depuis les baffles, volume sur « max ».

 

Et au-delà de cette rue, que des quartiers défoncés, déserts, où seuls rôdaient des silhouettes peu avenantes dans des ruelles mal éclairées. Partout, la zone. Le genre d’endroit où vous n’auriez pas du tout envie de tomber en panne !Sommes-nous mal tombés ? Avons-nous mal été guidés par notre Lonely Planet ? Le fait est que nous avons décidé de tracer. Peut-être sommes-nous passés à côté de ce que Memphis avait à offrir... mais le peu que nous ayons vu nous a calmés.

 

 

 

Bref, si nous gardons un souvenir peu flatteur de Memphis, ce voyage offre toujours ses zones de plaisirs, ne serait-ce que de découvrir de nouveaux endroits aux senteurs, aux allures et aux meurs différents des nôtres. Rien que pour cette richesse-là, nous sommes les plus heureux.

 

D’autres endroits nous combleront, d’autres nous décevront. Mais au final, nous ne regrettons rien.

 

Ne reste que le positif. Ainsi va la vie sur la route.

 

 

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