Texas Canyon (2/2)

06.01.2019

Écrit par

 

 

  

Déjà des heures que nous roulons vers l’ouest, avec ce soleil texan dans les yeux et ces innombrables tumbleweeds traversant aveuglément la route devant nos roues. Encore et toujours ces immenses prairies clôturées et ces portails de ranchs. Encore et toujours ces sourires sur nos visages. C’est beau, chaleureux, doux.

 

Nous avançons vers le Palo Duro, deuxième plus grand canyon des USA. Improbable qu’il y ait une telle formation géologique tant tout paraît plat à perte de vue. Pourtant en effet, au bout d’une interminable ligne droite, les premières courbes apparaissent. La route serpente entre quelques massifs rocheux, nous sortant de la monotonie routière habituelle.

 

Et puis tout à coup, le gouffre nous saute au visage ! Je stoppe Ours en écrasant les freins, les yeux écarquillés, la bouche pendante. Là, devant nous, les prémisses du canyon se révèlent. Sublime, majestueux, incroyable de beauté sous cette lumière de fin de journée. Et pour parfaire le décor, dans le ciel un faucon nous ouvre la voie, comme pour nous inviter à venir voir un peu plus loin.

 

 

La carte indique que dans ce State Park, il y a un campground. Nous y allons avant que la nuit ne nous avale (elle tombe en 30 minutes chrono). Au détour d’un virage, un promontoire offre un point de vue. Nous y fonçons quand même, impatients d’en voir davantage, et nous précipitant à pieds vers le vide devant nous. Seul un petit muret nous stoppe dans notre élan, nous empêchant de nous écraser quelques centaines de mètres plus bas. Et là devant, le Palo Duro. Intense, grandiose. À couper le souffle.

 

C’est comme dans nos rêves les plus fous. Nous n’osons y croire. On s’attendait à beaucoup moins fort, allez savoir pourquoi ! Et comme pour nous dire qu’on s’est complètement plantés à son sujet, le voilà qui sort le grand jeu : autour de nous en effet, nous entendons les coyotes discuter de notre arrivée...

 

Nous reprenons le camping-car et descendons dans le canyon avant que la nuit ne nous avale.

 

 

Bon sang, le campground est carrément tout en bas, au milieu des remparts verticaux formés par la roche ! Nous sommes entourés de formations rougeoyantes et de végétations variées, dont la quiétude est chahutée par la fuite furtive des roadrunners, ces oiseaux du désert qui filent à toute allure de sorte qu’on n’est jamais vraiment sûr de les avoir vus ! Avec les coyotes, ils nous font donc le remake de « Beep-beep et le Coyote », grandeur nature !!!

Et enfin, nous arrivons à notre emplacement. Nous y sommes absolument seuls !

 

Le lendemain matin, alors que nous petit-déjeunons dans Ours, nous ne pouvons nous empêcher de regarder par les fenêtres le décor prometteur qui s’offre à nous. On va se régaler !

Charlie chargée sur nos épaules, nous enchaînons les randonnées avec délectation. Chaque recoin est sublime, chaque petit ruisseau est une oasis et...chaque trace d’animaux, une occasion de nous interroger sur son origine, sa direction et son ancienneté.

 

 

 

 

 

  

Au détour d’un chemin, trois biches nous observent, à quelques mètres. Nous sommes les étrangers, nous le savons, nous le sentons, et nous sommes chez elles, sur leurs terres. Merci de nous laisser y pénétrer !

 

Le soir venu, je fais un feu en prenant garde de ne pas mettre le pied ou la main sur un serpent. Nous sommes bien là, à nous raconter tout ce que nous avons vu dans la journée, les yeux brillants de plaisir.

 

Mais les nuits sont très fraîches. Alors au bout d’un moment, les filles rentrent dans le camping-car tandis que je range les affaires. Se retrouver seul dans cette nature en pleine nuit, avec pour seule compagnie une lampe frontale, c’est... assez peu rassurant. Alors après avoir remballé tout le reste, je plie rapidement la couverture que nous avons mise sur le sol pour nous asseoir.

 

Pour m’assurer que tout va bien, je lève régulièrement la tête et regarde tout autour de moi, aussi loin que la faible lampe frontale veut bien éclairer. Et soudain, je vois deux petites billes à 10 mètres qui me regardent ! Se sentant démasqué, l’animal baisse aussitôt la tête. Putain, c’est un coyote !!!!

 

 

Je me précipite dans le camping-car, la couverture pliée n’importe comment, les jambes molles. Sans doute nous observait-il depuis un moment ! Sans doute a-t-il vu notre petite Charlie dont une cuisse aurait bien fait son dessert ! Nos cœurs s’emballent à cette pensée... fort heureusement, nous ne la laissons jamais à plus de 2 mètres de nous. Mais si nous étions vigilants, maintenant nous allons être parano !

 

Le dernier jour, nous découvrons de nouveaux sentiers de randonnées, plus vertigineux, plus aventureux. Au-dessus de nos têtes, des vautours espèrent qu’on trébuche et qu’on crève sur place pour leur offrir le festin dont ils rêvent sans doute, et tout autour, le canyon, extraordinaire, inoubliable.

 

En chemin, pas l’ombre d’un coyote.

 

 

 

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Jacacha !

Jacacha comme Janko, Camille, Charlie. Nous sommes un couple et leur petite fille de 2 ans en route pour l'Aventure sur le continent américain.

Nous serons heureux d'avoir de vos nouvelles alors n'hésitez pas :

  • Black Instagram Icon
  • Black Facebook Icon
Ne ratez aucun post !
Recent Posts:

"Ours", le VAN TOUR

17/06/2019

Mexico City

31/05/2019

Mariposas et civilisations perdues

10/05/2019

1/13
Please reload

Une famille partie à l'Aventure !

Nous sommes un couple et leur petite fille ayant décidé de parcourir le Monde dans un camping car spécialement aménagé. Vous pouvez également suivre toutes nos aventures sur notre

chaîne Youtube. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot, nous serons heureux de vous lire ! 

© 2018-2019  JaCaCha

  • Black Instagram Icon
  • Black Facebook Icon