Grands arbres et belle rencontre

« Veillez à mettre votre nourriture dans les casiers prévus à cet effet ! Attention aux ours ! Quelques mauvaises rencontres au Campground ces derniers temps ! »


Voilà en substance ce qu’on trouve à chaque recoin du camp où nous allons passer la nuit. Très encourageant ! Ces animaux ont pris l’habitude d’aller voir du côté des humains à la tombée du jour ainsi qu’en pleine nuit. Ils profitent du fait que nous ne soyons pas en pleine activité et viennent chercher un truc ou deux à se mettre sous les crocs.


Comme souvent, nous sommes arrivés un peu tard (il faut dire que le jour tombe très tôt !) et nous voilà encore une fois entre chien et loup. Youpi, pile la bonne heure pour se faire croquer une guibole, voire plus. On fait le tour une fois, puis une deuxième fois pour trouver quelle sera notre place, juste le temps de laisser encore un peu plus la nuit prendre le dessus sur le jour, en quelques sortes. Une fois installés, je sais que je vais devoir aller mettre de l’argent dans la boite dédiée, à l’autre bout du camp.


Je ne peux m’empêcher de repenser à la rencontre que j’avais faite quelques semaines plus tôt dans le Kentucky. J’étais tombé nez à nez avec trois biches dans le noir presque complet. Avant que je ne m’aperçoive qu’il s’agissait de simples cervidés, mon cœur avait eu le temps de s’emballer comme jamais. Il y avait eu aussi cette autre fois où à nouveau dans le noir total, je faisais face à deux petites billes qui me regardaient plier les affaires après le feu de camp dans le Canyon du Palo Duro, Texas. Mais ici, les écriteaux sont clairs. Je risque bien plus de tomber sur un ours noir qu’un coyote isolé !


J’avise... 50 mètres. C’est grosso modo la distance qui sépare le camping-car de la guérite des rangers, bien sûr vide à cette heure tardive. Je prends ma respiration. Il n’y a personne dehors. En vrai, je n’en mène pas large. Devrais-je plutôt y aller en camping-car ? Non. Allez, j’y vais à pied !Je fais ce que je peux pour regarder tout autour de moi. Je n’y vois pas grand-chose. Je me dis que si un ours m’observe et que l’animal s’avère être de type « mal-léché », je ne le verrai même pas me charger. Je m’en remets donc à ma bonne étoile.


Le plus petit craquement de branche résonne pourtant comme l’alerte d’une attaque imminente. La moindre ombre qui bouge me crispe au plus haut point. J’arrive à la boite aux lettres. À tâtons je glisse l’enveloppe, la fiche de renseignements et les 20$ requis. Et hop, je fais aussitôt demi-tour. J’ai envie d’accélérer, de me mettre à courir. Mais je sais que ce serait la pire chose à faire. Alors je prends une bouffée d’air et je me calme un instant. Je sais qu’au pire si un ours noir attaque, je peux me défendre. C’est même la seule chose à faire.


Mais vous l’avez deviné, je n’ai pas eu à me fritter avec le moindre ours. Et c’est tant mieux ! Si je dois tomber sur un de ces formidables animaux, j’aime autant que ce soit en plein jour !


Après une nuit très calme dans ce campement presque désert, nous sommes fin-prêts à monter encore un peu plus haut dans les montagnes californiennes, en direction de Sequoia National Park. Mais nous déchantons lorsqu’à l’entrée, le ranger nous explique qu’il y a des travaux et que les motorhomes de plus de 22 pieds ne sont pas autorisés. Nous faisons pourtant 22 pieds tout juste ! Mais rien n’y fait. Ils sont un peu stricts parfois les américains. Pour aller voir les arbres géants, nous devons prendre une route plus au nord. Bon, on n’est plus à un détour près !


Quand enfin nous arrivons (2 bonnes heures plus tard), nous apprécions d’autant plus le spectacle. Tout autour de nous, ces arbres gigantesques et multi-centenaires. Nous avons la tête en l’air en permanence pour tenter d’observer la cime des géants. Nous savourons l’instant. Nous ne savions pas si nous aurions la chance de pouvoir monter jusque-là tant l’hiver s’est invité en avance cette année. Mais malgré l’altitude et quelques traces encore fraiches de précipitations neigeuses, Ours est bien garé, là, sur le petit parking en contre-bas.


Nous sommes presque prêts à partir en randonnée quand soudain j’aperçois, sur la petite route d’accès, un camping-car en descente. Je reconnais tout de suite la forme européenne du véhicule. Sa plaque est allemande, je ne me suis pas trompé. Et juste derrière, en voilà un autre, français celui-là ! Ben merde alors ! Les deux camping-cars stoppent à côté de nous et les occupants en descendent immédiatement, curieux eux aussi de voir qui nous sommes. Et Ô surprise, ils ne sont pas trois ou quatre mais bien sept en tout. Un couple d’allemands et une famille française de cinq personnes : les parents, Emmanuelle et Bruno, leur garçon, Emile, et deux filles, Juliette l’aînée de la troupe, et Alice. Quel plaisir de discuter un peu en français, même si Ingrid et Willy (les allemands) nous forcent bien malgré eux à continuer autant que possible en anglais !


Enfin partis en randonnée, nous voilà donc une tribu de dix personnes au milieu des séquoias géants ! Charlie est au taquet et nous oublie complètement, adoptant immédiatement Alice, 12 ans, et plus tard Juliette, 13 ans. Bien sûr nous abordons, les uns après les autres, le voyage que nous avons prévu de faire. Les français sont arrivés à Halifax comme nous en septembre et comptent descendre en Amérique latine jusqu’en Argentine. Les allemands sont là depuis plus longtemps. Ils ont même eu le temps d’aller en Alaska et même quelques jours au Costa Rica. On sympathise, et très vite, on décide de passer la nuit dans le même camp. On ne se lâchera plus pendant une semaine. (suite plus bas).


Sequoia NP se trouve donc en Californie. Tout comme Death Valley et le désert de Mojave que nous venons de quitter, sauf que là, nous sommes en montagne, à plus de 2000 mètres. Quel contraste ! Ça ressemble d’ailleurs pas mal à nos montagnes françaises. La grosse différence, ce sont clairement ces arbres multi-centenaires, majestueux et fiers, qui viennent ponctuer de la plus belle façon une forêt déjà riche en reliefs et en espèces végétales.


Au détour du chemin qui serpente entre les rois des arbres, un peintre immortalise l’instant, conscient lui aussi de la beauté du lieu. Demain, nous reprendrons la route avec les français en direction du non moins prometteur parc de Yosemite.


Mais pour l’heure, les deux pieds ancrés dans la neige, nous apprécions la proximité du feu de camp qui réchauffe nos mains aussi sûrement que le Brandy de Willy réchauffe nos gosiers. Au-dessus de nos têtes, des milliers d’étoiles se détachent des plus hautes branches des arbres. Je sors la guitare, ambiance feu de camp oblige...



Jacacha !

Jacacha comme Janko, Camille, Charlie. Nous sommes un couple et leur petite fille de 2 ans en route pour l'Aventure sur le continent américain.

Nous serons heureux d'avoir de vos nouvelles alors n'hésitez pas :

  • Black Instagram Icon
  • Black Facebook Icon
Ne ratez aucun post !
Recent Posts:

Une famille partie à l'Aventure !

Nous sommes un couple et leur petite fille ayant décidé de parcourir le Monde dans un camping car spécialement aménagé. Vous pouvez également suivre toutes nos aventures sur notre

chaîne Youtube. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot, nous serons heureux de vous lire ! 

© 2018-2019  JaCaCha

  • Black Instagram Icon
  • Black Facebook Icon